Laos par Carine Hahn

Le Laos
par Carine Hahn

Long de 1200 kilomètres, depuis la Chine et la Birmanie au nord au Cambodge au sud, le Laos reste un pays méconnu. De l’époque glorieuse du royaume de Lane Xang au XVIe siècle, il ne reste pratiquement rien, tout juste quelques temples dans l’ancienne capitale de Luang Prabang. Hier colonie de la France, hier base arrière des guerres d’Indochine, coincé qu’il est entre l’aride Vietnam et l’ambitieuse Thaïlande, le petit pays paie aujourd’hui encore son tribut à l’histoire… Mais sans que le temps réussisse à le marquer de son empreinte. D’un voyage au Laos restent la douceur et la quiétude, la sensation d’avoir touché du bout des doigts l’harmonie, d’avoir quitté le présent qui court ailleurs, d’avoir effleuré une nature où l’homme se confond avec la végétation tant il cherche à se lier à elle éternellement. Est-ce à dire que pour le Laotien le trop court temps de l’existence s’écoule différemment et qu’il réussit aujourd’hui encore à perpétuer un art de vivre depuis si longtemps oublié chez l’Occidental ?

Laos
par Mangkra Souvannaphouma

Créé en 1353, le royaume du Lane-Xang devient un Etat indépendant en 1949 dans le cadre de l’Union française. Entrainé dans la guerre d’Indochine, le Pathet-Lao s’allie à Hô-Chi-Minh. Le Laos tombe dans l’engrenage de la guerre du Vietnam. La monarchie, vieille de sept siècles, est abolie et remplacée par une “démocratie populaire” à la solde du Vietnam communiste. Le prince Souvannaphouma, neveu du dernier roi laotien, témoin privilégié, apporte des éléments à la connaissance de l’histoire laotienne.

L’alimentation des Laotiens
par Florence Strigler

A travers l’alimentation, c’est la culture d’un peuple que l’on découvre, ici celle des Lao, ethnie majoritaire du Laos. L’alimentation est une porte d’entrée qui se situe dans le concret des aliments et des techniques culinaires, mais qui s’ouvre aussi sur un monde de symboles, de croyances, de conceptions de la vie. Elle entretient des liens étroits avec la médecine, la religion, les grandes étapes de la vie et de la mort. Acte banal et quotidien, il n’en est pas moins d’une grande complexité. Ses modalités obéissent à des déterminismes multiples, aussi bien d’ordre biologique que d’ordres culturel, économique, technique, etc. Une approche multifactorielle est donc indispensable si l’on veut comprendre comment se construit l’identité alimentaire. Des jeux complexes d’influences entrent en ligne de compte : effets historiques, générationnels, géographiques, migratoires et sociétaux. Jusqu’à une période récente, la cuisine lao a traversé les siècles relativement inchangée. L’intégration progressive du Laos dans les échanges internationaux est en train de bouleverser les modes d’approvisionnement alimentaire des familles. Les villes et les villages situés près des axes routiers (ce qui est le cas de la plupart des villages lao) entrent de plain-pied dans une société de consommation, avec des conséquences notables en termes de mode de vie et de santé. En France, la diaspora lao s’attache à conserver “la tradition”, et l’alimentation en est l’un des supports privilégiés. Parmi les croyances et les pratiques alimentaires traditionnelles, certaines persistent alors que d’autres sont rapidement abandonnées et que d’autres encore se modifient. Les enfants nés en France ont des besoins et des désirs qui induisent de nouvelles habitudes alimentaires au sein des familles, sans occulter cependant des marqueurs identitaires forts.

Le Laos, doux et amer
par

La douceur et l’amertume : deux saveurs essentielles de la cuisine au Laos, deux images qui résument le mode de vie et l’état d’esprit actuel de ses habitants. Longtemps enclavé au cœur de l’Asie du Sud-Est, montagneux et peu peuplé, le Laos devient progressivement un Etat carrefour à la croisée des routes du Grand Mékong. Comment se réalise concrètement l’étrange alliance entre régime socialiste et libéralisme économique ? Quelles en sont les conséquences sociales et comment les populations s’en accommodent-elles ? Quel rôle joue l’aide internationale dans ce contexte et quelles sont ses limites ? Depuis vingt-cinq ans, le Comité de coopération avec le Laos (CCL) construit des partenariats avec ce pays. Ses membres ont suivi avec attention l’évolution de la situation économique et sociale, noué des amitiés et participé très directement à l’élaboration, à la mise en œuvre et au suivi de projets de développement. A travers l’histoire et les pratiques de cette ONG, ses membres portent un regard à la fois lucide et amical sur les réalités sociales de l’aide au développement, ses difficultés et ses transformations. Trois domaines sont plus particulièrement concernés ici : le développement rural, la santé et la formation supérieure. Les analyses remettent en cause quelques idées reçues sur le Laos et le développement en général, engagent des débats et proposent des approches alternatives. Les auteurs s’interrogent également sur les pratiques actuelles de l’aide internationale. Ils soulignent la nécessité d’autres formes de coopération, fondées sur l’engagement dans la durée, la recherche d’un partenariat équilibré et la prise en compte des réalités de terrain pour l’élaboration et la mise en œuvre des politiques nationales. Ce livre est un travail collectif des membres du CCL : chercheurs et universitaires, praticiens du développement, historiens, géographes, agronomes, médecins, anthropologues ou économistes.

Le Laos
par Isabelle Massieu

Sur les pas d’Isabelle Massieu en Indochine

Première Européenne venue seule en Indochine en 1897, Isabelle Massieu (1844-1932) s’est prise de passion pour les voyages aux alentours de la cinquantaine et parcourt l’Asie en tous sens. En pirogue ou à cheval, l’infatigable aventurière chemine à travers la jungle, de Luang Prabang à Vientiane, et se laisse séduire par les légendes et les mœurs laotiennes, dont elle admire l’authentique liberté.

Récit publié dans la Revue des deux mondes en 1900 sous le titre Le haut-Laos et le Mékong.

Une expédition surprenante et entraînante au gré des légendes locales

EXTRAIT

C’est à Xieng Sen que j’ai définitivement quitté les territoires britanniques pour entrer dans nos possessions françaises de l’Indochine en descendant le Mékong jusqu’à Luang Prabang. Un pittoresque sentier me permettra ensuite d’éviter le grand coude que fait le fleuve à Pak1-Lay et d’arriver en dix jours à Vientiane, ce qui constitue le « record » de la vitesse. Puis, tour à tour, une succession de bateaux me mènera jusqu’à Savannakhet, nouvelle création française, en face de Ban-Mouk, au-dessus des grands rapides de Kemmarat ; de là, par une large tranchée en forêts clairières, vers la chaîne annamitique, franchie par la brèche d’Aï-Lao, j’arrive au grand pénitencier d’Annam ; enfin Maï-Lane et la rivière de Quang-Tri : tel est l’itinéraire dont les principales étapes m’ont conduite à Hué, la capitale d’Annam.

A PROPOS DE LA COLLECTION

Heureux qui comme… est une collection phare pour les Editions Magellan, avec 10 000 exemplaires vendus chaque année.
Publiée en partenariat avec le magazine Géo depuis 2004, elle compte aujourd’hui 92 titres disponibles, et pour bon nombre d’entre eux une deuxième, troisième ou quatrième édition.

A PROPOS DE L’AUTEUR

On sait peu de choses sur Isabelle Massieu. Elle est née en 1844 en France. C’est une exploratrice, photographe et écrivain. Aux alentours de la cinquantaine, elle se prend de passion pour les voyages et parcourt l’Asie en tous sens. On ignore si elle remplissait des missions secrètes pendant ses voyages ou si elle voyageait de façon désintéressée. Elle décède en 1932.


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